À propos
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photo @thierrymalty
Olivier Jery
Né à Besançon (1965), France
Vit et travaille à Bruxelles, Belgique
Une part de mon travail naît de l’observation des états changeants de la perception: une sensation, une image persistante, une expérience et leurs infimes points de bascule.
Mon travail n’est pas linéaire. Une œuvre peut partir d’une image ou d’une sensation, mais aussi d’un matériau qui m’attire sans que je sache encore ce qu’il deviendra. Je peux le laisser longtemps dans l’atelier avant de commencer à le manipuler. Plier, déplier, étaler, accrocher, disposer, assembler: le matériau participe alors à l’apparition de la forme.
Dans ma pratique picturale, je parle moins de peinture que de couleur. Je la travaille par couches, mélanges, nuances, épaisseurs et densités, en laissant le support participer à sa construction.
Depuis plusieurs années, je limite volontairement ma palette à une gamme construite autour des couleurs de la chair. À partir du rouge, du bleu et de l’ocre, je développe un nuancier sans cesse renouvelé, de la chair caressée à la chair meurtrie, de la douceur à la blessure. Chaque mélange est construit au moment du travail, dans un équilibre entre intention, maîtrise et accident.
Les matériaux récupérés occupent une place particulière dans mes travaux tridimensionnels. Déjà chargés d’une histoire et d’une fonction, ils me conduisent du singulier vers quelque chose de plus ouvert. Leur manipulation et leurs associations font progressivement apparaître l’œuvre. Les images qui nourrissent mon travail ne sont pas destinées à être racontées littéralement.
Par la couleur et l’abstraction, j’essaie d’en extraire ce qui m’a atteint — une présence, une tension, une sensation — pour le déplacer vers un langage qui ne soit plus documentaire.
Peintures et objets appartiennent ainsi à un même continuum. Une œuvre née d’une expérience douloureuse peut coexister avec une œuvre douce ou contemplative. Cette coexistence est essentielle : elle correspond à l'expérience humaine, faite de ressentis contradictoires parfois simultanés.
La monstration permet le tissage de dialogues entre ces travaux contrastés et le public, qui nourrit de sa singularité les propositions qui lui sont faites.


